«Être heureux, c'est accorder de la valeur à tout ce que l'on possède»       Milton Erickson


« Le problème du monde, c'est que les imbéciles sont présomptueux et les gens intelligents bourrés de doutes. »    Bertrand Arthur William Russell

 


Je ne sais pas quoi écrire.

Je suis contente.

J'ai enfin obtenu le droit de séjour en France.

Peut-être comme une source d'engoisse, c'était cela qui me rendait depressive et instable.

Alors, enfin je peux m'installer et faire de mes rêves des projets...

Enfin !
J'ai compris une chose :

J'ai besoin de réussir. Mais je ne sais pas quoi.

Faut me trouver un défi.

Je vais chercher ça...

Pas mal non?
La vie est nulle quand on n'a pas d'objectif.

C'est certifié !

Ca m'est égal que je sois ici ou ailleurs...

Si je n'ai pas d'inspiration...Si c'est juste le temps qui passe...Si je ne me contente qu'à payer les factures dans les temps...Si je n'ai aucun désir, aucune envie...

Je ne pleure même pas...

La solitude pèse lourd. 

Manque d'inspiration.

Et ce qui m'inspire est trop au profond. Il ne veut pas sortir.

Je suis paresseuse... Aucune envie de bouger, changer les choses...

Je n'arrive pas à faire face seule à la vie.

Bizarrement personne ne me donne envie de faire connaissance non plus.

Comme si je n'avais plus rien à donner à quelqu'un d'autre.

Je raconte mon enfance à mon psychologue, même là-bas; il n'y a que des faux souvenirs.

Rien n'est vrai.

Sauf quand on se sent amoureux.

Au moins, si je réussissais à dormir sans interruption. Ce serait déjà une réussite.

C'est très dommage de gâcher sa vie comme ça.

A Paris il y a des coins sympas aussi.

Je n'ai pas à me plaindre en disant que je n'arrive pas à l'approprier cette ville car depuis deux ans je ne l'ai même pas visitée. Même pas comme une simple touriste.

Tout ça, est à cause de ma fainéantise ! ! ! biensûr ! ! !

Pour la première fois dans ma vie, j'accepte avoir vécu une dépression. Une, qui s'est presque terminée.

Incroyable mais vrai. Sur une période où je me croyais avec l'homme de ma vie, j'étais en train de vivre la plus grosse déprime de ma vie.

Et aujourd'hui, deux années plus tard, je me rend compte de ce qui m'est arrivé.

Là où j'aurais dû vivre une vraie dépression était en 1996.

Suite à un accident de voiture ma mère est tombée paralysée donc absente de la maison pendant très longtemps.

A 15 ans, j'avais déjà commencé à prendre "goût" à l'alcool et aux autres soulagements de la vie, comme les aventures qu'ils peuvent vivre les adolescents en quête d'identité. Je me suis faite exclure par mes copains au lycée car j'étais une révolte, courageuse. Je n'étais pas une dépressive. Pas du tout.

Un jour à cause de la solitude et par abus d'alcool, j'ai connu mon premier copain qui est tombé amoureux de moi et je trouvais cela très agréable. Avec le temps j'ai commencé à l'aimer et je me suis attachée. J'avais trouvé un bel échappatoire à la vie de ma maison (qui était trop oppréssante à caude de la maladie de ma mèreà, et donc une autre drogue avait pris sa place dans ma vie. Tellement méfiant, ce premier copain m'avait fait promettre que j'allais arrêter les choses dangereuses, comme la drogue, l'alcool, les réunions illégales et politiques.

Sans trop tarder j'ai cédé à cela et j'ai tout abandonné pour être en sécurité avec mon petit chéri qui essayait de me convaincre pour nous fuir en France, vivre loin de ma famille.

Ma famille était une source d'angoisse et de pression. Elle m'obligeait à tout faire en cachette. Je me suis arrangée pour inventer une belle histoire et les ai convaincu pour partir en France afin de faire soit disant des études d'architecture.

Le but était de vivre avec mon amour, loin de la pression d'une culture primaire, celle de mon pays natal, où les gens s'écrasent sous le poids de la société.

Une fois arrivée ici, avec ma mère et ma tante, j'ai su par téléphone que mon amour m'abandonnait car il avait été accepter par une faculté très bien réputée d'Istanbul et il ne pouvait pas rater cette opportunité.

C'est comme ça que je me suis trouvée en France. Ma mère est retournée à Istanbul au bout de 15 jours et moi je me suis trouvée toute seule à Lyon, à pleurer et à me dire "mais merde ! qu'est-ce que je suis venue faire ici???".

Toute seule, abandonnée... J'ai commencé à aller à l'école et à me faire des amis.

Sept ans de galère en tout pour bien m'installer à Lyon.

Et après ! ! !

J'ai quitté cette ville à cause d'un autre amour avec qui je croyais passer le reste de mes jours.

Abandonnée par lui aussi au bout d'un an, aujourd'hui, je me retrouve seule à Paris à me demander pourquoi j'étais venue ici....

Mais enfin je commence à vivre je crois.

La plus grosse déprime de ma vie était à Paris, l'année dernière.
Plus sensationnel que le traumatisme de ma jeunesse.

J'ai pleuré sans cesse du mi-février 2007 (la date à laquelle je suis venue m'installer définitivement à Paris, chez lui), au janvier 2008 (la date à laquelle j'ai pris mon appartement en collocation avec mes deux copines actuelles).

Nous nous sommes séparés une dizaine de fois pendant un an. Et depuis quelque mois, nous sommes définitivement célibataires tous les deux.

D'un coup j'ai commencé à sentir une liberté que j'avais oublié. Une légèreté et des envies de folies.

Aujourd'hui encore, je me demande comment réapprendre à vivre.
J'ai des envies mais avec un énorme sentiment de retard.

Je veux tout vider.

L'autre jour quand je disais "remodeler le passer" je ne savais pas trop ce que je voulais dire. Mais Antenor a raison, on ne peut pas remodeler son passé, on peut l'oublier ou l'accepter.

Donc je vais essayer de faire quelque chose pour me débarasser de ce sentiment de regret qui est de me dire "encore une fois, pour une histoire d'amour, je me suis négligée et je me suis faite avoir, et je n'ai même pas eu le courage de me défendre, et le pire est que je l'aime encore et je ne lui en veux même pas ! ! !

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